4180 km, 110 millions d'habitants concernés, 30 ans de travaux

Le projet Green Guinea, Blue Niger, couvre la partie Guinéenne de réhabilitation du fleuve Niger. Initié en 2015 par les responsables de la Marine Marchande et par des acteurs de la société civile Guinéenne issus des différentes régions de la République, le projet vise à apporter une réponse pragmatique, efficace et surtout financièrement autonome au problème de l'ensablement du fleuve Niger.


a. Le Niger en République de Guinée.

La Guinée est la source de plusieurs fleuves qui irriguent tant l'Afrique de l'ouest (fleuve Sénégal, Corubal, Saint Paul, Saint Jean, Lawa, Moa...) que les régions Sub Sahariennes (Niger) apportant des ressources hydriques à des populations toujours plus nombreuses. Avec près de 20'000 m3 d'eau disponible par habitant (1.6 m de précipitations annuelles), la Guinée est considérée comme le Château d'eau de l'Afrique. Ces ressources, alliées à un climat favorable ont permis de développement de civilisations millénaires, comme dans la région du Fouta Djallo, dans les montagnes Guinéennes, mais aussi dans des régions lointaines parfois désertiques comme Tombouctou (Mali), haut lieu du savoir des empires pré-islamiques, dont la survie dépendait des ressources du fleuve Niger.

La déstabilisation démographique, économique, agricole amenée par la colonisation a insidieusement modifié les régimes hydriques et la nature des sols tant en Guinée que plus en aval sur les rivières et fleuves. Plus récemment la construction de grands barrages hydroélectriques a aussi largement affecté les régimes hydriques sur les 40'000 km2 du delta du Niger, naturellement inondés et irrigués par les crues annuelles du fleuve.

L'ensablement, la destruction des berges, la pollution des eaux par les activités humaines, notamment minières ou agricoles, posent un risque majeur aux populations vivant à proximité du fleuve ou en aval au Mali, Niger, Bénin, Nigéria.

l'Autorité du Bassin du Niger (ABN : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria), organisme international créé en 1980 vise à étudier et coordonner les actions d'aménagement, de gouvernance du fleuve et d'utilisation de ses ressources.

b. L'approche GGBN

Le projet est mené de manière inclusive en associant les acteurs de la société civile traditionnelle (Chefferies, associations locales), les administrations, le gouvernement et les partenaires internationaux, comme l'agence du bassin du Niger, les banques et institutions de développement.

En 2017, 2018, des études de faisabilité économique et technique ont été menées afin de déterminer comment les collectivités locales pourraient démarrer, seules ou en partenariat avec des acteurs économiques spécialisés, des travaux de réhabilitation et d'aménagement du fleuve conformément aux impératifs environnementaux, techniques et légaux définis par l'ABN, le ministère de la marine Marchande et les autres institutions en charge de la gestion des rivières et fleuves.

Oeuvrant dans le cadre d'un projet public-privé d'une durée de 30 ans, la société PMA, coordinateur du projet GGBN, engagera fin 2019, la mise en place d'un prototype de chantier type visant à réhabiliter une section de la rivière Timkisso.
Ce prototype permettra de valider, dans une opération grandeur nature, comment pourront se dérouler les actions de dragage de la rivière, de réhabilitation des berges, de valorisation des produits extraits et de développement de l'agriculture.